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Qu’est ce qui gêne l’Eglise dans la contraception ?

Avoir recours à des moyens de contraception, c'est choisir d'intervenir sur la fertilité...


La contraception, comme la pilule ou les préservatifs, empêche la rencontre de l’ovule et du spermatozoïde par des moyens techniques. Avoir recours à des moyens de contraception, c’est choisir d’intervenir sur ma fertilité, ou sur celle de mon conjoint, pour vivre notre sexualité.

Or, notre fertilité fait partie de nous, de notre corps, de notre personne. Nous avons été créés ainsi. . C’est un don de Dieu qui a une valeur inestimable, car nous pouvons donner la vie à un enfant. Ce n’est donc pas une partie du corps comme les autres sur laquelle je pourrais intervenir comme on intervient sur un rein, ou un poumon…La fertilité est vraiment au sommet des fonctions du corps, par la possibilité de procréation au cours de l’acte sexuel, et d’expression du don des corps. Nous pourrions nous dire que finalement, nous avons été créés « de travers », de sorte que notre fertilité nous empêcherait de vivre pleinement notre sexualité… Mais l’Eglise, par la bouche de ses Pasteurs(1)(2), nous rappelle « qu’il ne saurait y avoir de vraie contradiction entre la loi divine concernant la transmission de la vie et celle qui demande de favoriser le véritable amour conjugal » ; il n’y a pas incompatibilité, mais une difficulté que les conjoints peuvent surmonter et qui enrichit en retour leur amour mutuel.
Nous sommes donc bien créés, avec notre fertilité, continuelle pour l’homme et cyclique pour la femme et donc pour le couple. Notre corps a une sagesse, qui s’exprime donc dans un rythme fait d’alternance de périodes fertiles et non fertiles.
Modifier la fonction de reproduction par la contraception, c’est quelque part toucher à la relation avec notre Créateur. C’est s’ériger au-dessus de la façon dont on a été créé. Prendre une pilule n’a donc rien à voir avec la prise d’un antibiotique .
L’Eglise dit oui à la paternité responsable, oui à la gestion responsable en couple de sa fertilité, mais pas avec n’importe quel moyen : il faut que ce moyen respecte la façon dont on a été créé, avec cette capacité de donner la vie qui est un des sens de l’acte sexuel, l’autre sens étant la communion d’amour au cœur du couple. Si nous mettons de côté, si nous dissocions cette dimension de procréation possible, nous ne respectons plus la grandeur, la dignité de l’acte sexuel et son sens profond. Avant de dire non à la contraception, l’Eglise dit d’abord oui à l’amour, oui à la vie, et au sens véritable de l’acte sexuel qui est à la fois et de manière inséparable, don d’amour et don possible de la vie. Elle dit oui au respect de la manière dont nous sommes créés.
Elle croit à la capacité de toute personne au respect de l’autre, et à la maîtrise de soi pour un plus grand amour ; ce qui suppose souvent un chemin de conversion, essentiellement de notre égoïsme au don, et qui se vit au rythme des personnes.

(1)Concile Oecum.Vatican II ; Gaudium et spes 51 (2)J.Paul II :Familiaris consortio chap.33

Hélène Perez, Monitrice MAO, Conseillère Conjugale et Familiale, Médecin


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