C’est surtout une maladie liée à la période adolescente (bien qu'on en rencontre aussi chez le nourrisson et chez l'adulte), qui touche majoritairement les jeunes filles (mais il en existe aussi chez certains jeunes hommes)
Cette maladie exprime le refus de la nourriture certes, mais aussi du corps sexué, de la féminité vécue comme passivité et aliénation, du temps qui passe et des changements, du désir comme dépendance à l'autre. Elle passe par le contrôle de toutes les émotions, une volonté implacable au profit d'une exigence tyrannique, une insatisfaction permanente, un déni de la réalité, un idéal totalitaire de toute puissance, une emprise sur ses proches. L'anorexie mentale agit comme une défense désespérée pour tenter de contenir et juguler l'angoisse due aux fragilités narcissiques.
Même si des facteurs culturels et évènementiels en favorisent l'éclosion, c'est essentiellement une problématique du lien, qui nécessite des soins physiques et psychiques différenciés dans une double prise en charge et parallèlement si possible, un travail sur la dynamique familiale pour assouplir les liens, instaurer de justes distances et favoriser la différenciation et l'individuation.
A.M. Forget, Educatrice EAS au Cler, psychologue
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