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baisse du désir

bonjour, je vis en couple depuis 25 ans, nous avons 2 enfants ) et depuis maintenant + de 15 ans nous avons un déséquilibre de nos besoins sexuels avec pour moi une baisse du désir qui n'a fait qu'empirer au cours des années.D'un commun accord nous avons eu des expériences dans des clubs libertins.....Ca m'a redonné de l'excitation qui durait un moment après, mais aujourd'hui je n'arrive pas non plus à prendre du plaisir!


je ne sais plus quoi faire, mon mari dit que c'est parce qu'il ne me plait plus mais je suis pourtant bien en couple avec lui, on s'entend par ailleurs très bien ..

Par Olivier Florant

Madame,
Votre courriel résume bien des questions que nous recevons au CLER . Vous n’êtes pas la seule à avoir cherché des solutions extérieures à une baisse du désir interne au couple aboutissant le plus souvent à sa perte.
Il semble que vous ayez confondu le plaisir et la recherche d’excitation sexuelle. Il est tout à fait courant de ressentir une perte de son désir sexuel à différents moments de la vie du couple en raison des cycles internes de nos hormones ou des difficultés de la vie. Le premier de ces moments est souvent la fin de la passion amoureuse entre dix huit et trente mois d’après les études. Après cette lune de miel, le couple doit entretenir son désir par une communication amoureuse consciente et volontaire. Ce qu’il convient d’éviter en revanche, c’est de se concentrer sur la phase d’excitation. Changer de partenaire en fantasme ou en réalité provoque un renouveau du désir sexuel (effet Coolidge) mais cette excitation extérieure agit exactement comme tous les comportements ou produits psycho-actifs que l’on dit « dopants ». Assez vite, les circuits cérébraux du plaisir et de la récompense réagissent à cette stimulation externe par le phénomène de l’accoutumance qui protège l’équilibre cérébral d’excitations trop fortes. Il faut augmenter les doses pour que le circuit de la dopamine produise les mêmes effets. Nous le voyons fréquemment chez nos consultants pour dépendance sexuelle.
Le remède existe. Dans toutes ces dépendances à un produit ou comportementales,  c’est le sevrage complet qui va produire un rééquilibrage des circuits neuronaux du plaisir. Il s’agit d’abandonner la recherche d’excitation pour se concentrer sur des pratiques qui ravivent les plaisirs simples qui sont devenus insipides.
La caractéristique principale du stade de la dépendance est que les circuits de la prise de décision  (évaluation du plaisir et des risques) sont déréglés, et on ne peut pas aisément s’en sortir seul. Il serait utile de consulter un sexologue spécialiste de ces questions de dépendance sexuelle auprès de chez vous pour un prise en charge de quelques semaines à quelques mois.
La complicité et l’estime réciproque avec le conjoint si elles n’ont pas été touchées seront des atouts essentiels pour réussir à faire ce chemin à deux et redécouvrir la joie d’une reprise de contact sensuel, sentimental et spirituel, « érotique » donc au sens noble du terme. Spirituel car c’est à travers le sens que le couple qui se veut « au long cours » trouve dans ses pratiques. Il retrouve le chemin du désir s’il se fait un dialogue amoureux et non la recherche du paroxysme initial (le paradis perdu).
Olivier Florant, sexologue et conseiller conjugal olivier.florant@gmail.com


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