Pour savoir si une femme peut sortir sans dommage d’un avortement, il semble important e se demander si cet acte touche toute sa personne ou non.
Si l’avortement n’implique que le corps de la femme, on pourrait répondre oui à la question. La médecine est en général compétente.
Mais s’il implique aussi le « cœur » et la « conscience », c’est beaucoup plus complexe.
Pour savoir si un avortement touche « la femme dans tout son être », il semble important de rappeler en quoi et à quoi il met fin.
- A la conception, un être unique commence sa genèse.
Issu de deux cellules sexuelles humaines, aucun évènement, aucune mutation dans son parcours ne le rendra plus « humain ». Il est complètement différencié de sa mère (aucune osmose avec elle). Il porte en lui toute sa capacité à devenir. Il construit lui-même ses « racines » ; élabore lui-même son placenta ; sa mère ne fait qu’y apporter des réserves dont il se nourrit. Sa mère est son « enceinte » protectrice.
- L’avortement est un acte délibéré qui arrête ce processus de vie.
Si tant de femmes ou jeunes filles y ont recours c’est que, pour elles, à ce moment là, l’accueil d’une vie nouvelle leur semble impossible….
Leur détresse, leur solitude, leur sentiment que c’est la seule issue, ou bien la banalisation ambiante, leur cachent bien souvent l’importance de cet acte.
C’est parfois plus tard que se révèle l’impact d’un avortement :
Ceux qui sont « écoutants » reçoivent beaucoup de confidences à ce sujet.
Suite à un événement ou à une situation nouvelle, ce qui était enfoui resurgit. Des femmes se souviennent. Leur cœur et leur conscience souffrent comme à retardement. Elles s’aperçoivent alors que l’avortement blesse profondément leur sens de la responsabilité et, par là même, leur propre dignité.
L’avortement, par ailleurs, reste souvent présent dans l’histoire du couple : les pressions qui ont pu être subies de part et d’autre, peuvent générer, même tardivement, incompréhensions, griefs ou tensions.
Ces réflexions incitent à penser qu’on ne peut pas sortir d’un avortement, indemne comme d’un acte mineur.
En revanche, il semble qu’il soit possible d’en guérir, comme on peut guérir d’une profonde blessure dès lors qu’on la décèle et qu’on en prend soin.
(Solliciter l’accompagnement d’une personne compétente, même si l’acte d’avortement est ancien, pourrait s’avérer une démarche tout à fait bienfaisante).
Marie-Alix PIETTRE, Conseillère Conjugale et Familiale
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