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Violence : Quels sont ceux qui passent à l’acte ?

Femme battue, enfant battu, comment briser la loi du silence ? Il y a des fois où je scotcherais les enfants au mur ! Quels sont ceux qui passent à l’acte ?


Par Les conseillers conjugaux et familiaux du CLER Amour et Famille

Les violences ne sont pas uniquement des coups et blessures, voire des mutilations et des meurtres. Mais aussi tout ce qui déshumanise le partenaire en instituant une crainte perpétuelle, une sorte de soumission perverse dont le violent est esclave lui-même. Une prévention efficace de ces violences dont les enfants et les femmes sont les premières victimes, passe sans aucun doute par une compréhension plus fine des mécanismes en jeu.

Chacun ressent en soi ces mouvements pulsionnels de violence intérieure, où l’on voudrait blesser l’autre, lui faire mal, physiquement ou moralement. La plupart du temps, cela reste un mouvement intérieur grâce à des mécanismes conscients comme le contrôle de soi, la volonté, appuyés sur un projet de vie, une éthique personnelle qui aident à ne pas passer à l’acte et à se raisonner. Pourquoi parfois y a-t-il une levée de cette inhibition ?

Certains facteurs font que les pulsions agressives ne peuvent plus être contrôlées et se « déchainent » en violence :
- l’utilisation de substances psycho actives : la perception de la réalité se trouve modifiée et la violence peut s’extérioriser parfois sans retenue. Par exemple sous l’effet d’importantes prises d’alcool, de certaines drogues, ou a contrario dans le cadre d’un syndrome de manque.
- certaines maladies ou la sénescence peuvent altérer les facultés cognitives, la représentation de soi et des autres : la perte des repères sociaux, des valeurs, du sens de la vie, conduisent à un comportement violent qui n’existait pas auparavant.
- la violence sociale : selon les lieux et périodes, la société peut encourager la violence – pensons au principe éducatif « qui aime bien châtie bien » -, se montrer tolérante ou au contraire répressive.

Mais même en dehors de ces facteurs favorisants, certaines personnes passent de la colère à l’acte agressif, sans pouvoir se maîtriser. On remarque souvent un déficit dans un ou plusieurs domaines :
- la maîtrise de ses pulsions : la représentation symbolique par l’esprit permet d’assouvir ses passions. Se venger en imagination permet de rendre moins forte la pulsion émotive. Mais pour certains il est impossible de s’abstraire d’une situation pénible par la pensée, ils ne peuvent alors que passer à l’acte sans retenue...
- l’aptitude à respecter l’autre avec une carence d’altérité, c'est-à-dire à pouvoir ressentir et imaginer que « l’autre est autre » et digne de respect.
- la gestion de la jalousie : face à la force d’expression de cette émotion humaine fondamentale nous ne sommes pas égaux. Elle est une cause fréquente de violence conjugale.
- la gestion de la frustration : certains réagissent à la frustration (sexuelle, sociale, économique, …) par une irritabilité incontrôlable, d’autant plus difficile à comprendre par l’entourage que nous n’avons pas tous la même acceptabilité face au degré de frustration.
Il existe également des personnes qui exercent des violences dites « subtiles », poussant à bout l’interlocuteur, jusqu’à le faire sortir de ses gonds et lui faire commettre des actes violents dont il ne s’imaginait même pas capable.

Dans tous les cas, la violence est inacceptable et punie par la loi. Il y a donc un travail à faire pour apprendre à mettre en mots les émotions accumulées et à intérioriser le rapport à la loi ; ceci ne peut se faire sans aide extérieure. Ces aides permettent
- D’une part la prise en charge et l’accompagnement des personnes submergées par la soumission (et parfois dans le déni), pour les dégager du milieu familial ou professionnel qui les maintient en esclavage et dans la culpabilité.
- D’autre part la rééducation des personnes violentes par des thérapies, individuelles et/ou collectives.

La prévention et la lutte contre la violence doivent se concevoir à tous les niveaux, publics et privés, de la société. La création d’espaces de parole et la proposition de formations pour la régulation des conflits quels qu’ils soient, contribuent à l’éducation et à la prévention.
 

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