On dit souvent de la prostitution qu’elle est le plus vieux métier du monde, mais que la pornographie est un phénomène nouveau, notamment par son ampleur dans la presse, la vidéo, les jeux, et maintenant Internet.
En réalité prostitution et pornographie ont la même origine ce qui se traduit dans les termes eux-mêmes. La pruderie avait trahi l’étymologie : porneia ne veut pas dire chair, mais prostitution. Les deux sont aussi vieilles que les plus anciennes traces laissées par nos ancêtres.
L’œuvre pornographique, selon le Dr Jacques Waynberg, possède une fonction. Elle est destinée à exorciser la crainte qu’ont les hommes ne pas « assurer », et en particulier de ne pas avoir une verge en érection suffisante pour combler la féminité qui est en vis-à-vis. Cette crainte est déjà détectable chez les enfants sous diverses formes notamment les concours de tailles de pénis, ou les immanquables questions sur la taille "normale" d'un pénis. Pieux sacrés, "immenses" flèches dressées vers le ciel, godemichés en matériaux précieux, tout montre cette hantise masculine de la puissance "virile" jusqu’au sceptre dressé, symbole du pouvoir royal.
Pourquoi les hommes ? Parce qu’ils ne peuvent faire semblant. Les femmes, au cours de l’évolution ont appris à pouvoir se donner sexuellement au désir de leur mari, même si le leur n’est pas au rendez-vous, car pour l’espèce ce service rendu aux hommes les aide à ne pas trop aller "voir ailleurs". Cette satisfaction amoureuse inonde l’organisme d’ocytocine, l’hormone qui régit l’attachement conjugal et parental.
Les femmes, elles, peuvent produire l’hormone de la fidélité non seulement par les unions sexuelles, mais aussi par le soin des enfants, et peuvent plus facilement espacer les unions en dehors de leur période féconde.
Ce que les femmes craignent, elles, c’est de perdre le compagnon qui les aide à nourrir et élever leurs enfants qui ont, eux aussi, une crainte fondamentale, celle d’être orphelin ou abandonnés.
Chacun exorcise sa crainte fondamentale en jouant "à blanc" la scène redoutée les films X et ses femelles insatiables sont aux hommes ce que sont les romans sentimentaux (e.g.coll Harlequin) pour les femmes et les contes de fées pour les enfants. Cela sert à jouer à se faire peur, pour avoir, en rebond, le soulagement de réaliser que ce n’était qu’un rêve, une histoire. Les rêves savent être terriblement aphrodisiaques.
Olivier Florant, Sexologue, Conseiller Conjugal et familial, Ecrivain
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