La gravité de l’inceste vient du fait que les violences ont lieu sur une personnalité en construction et que les traumatismes subis s’ancrent de façon puissante dans le psychisme.
Le plus souvent, les attachements légitimes au sein de la famille sont pervertis par un attachement sexuel qui vient se surajouter pour celui qui provoque du plaisir alors même, évidemment, que l’enfant ou l’adolescent n’est pas à même de discerner ce qui lui convient de ce qui la détruit. La confusion peut être accrue quand des raisons affectives sont suggérées à l’enfant (« c’est pour s’aimer encore plus... ») ou qu’une complicité de secret est demandée. Pris dans un mélange morbide de haine et d’attachement, l’enfant aura, par la suite, de grandes difficultés à vivre des relations avec autrui, à pouvoir poser des choix sexuels exclusifs, adultes et responsables : le moindre attachement devient « sexualisé ».
L’inceste se développe dans le non dit voire le déni et empoisonne les relations familiales et sociales, contaminant toutes les relations que feront les personnes, comme une tache d’huile.
Avec la loi N° 2010-121 du 8 fév. 2010, la France a introduit la notion d’inceste comme facteur aggravant d’abus sexuels sur mineurs par des personnes ayant autorité. Cette maltraitance sexuelle intrafamiliale ayant des répercussions sur la santé physique ou psychologique de l’enfant à court et à long terme, doit faire l’objet d’un signalement auprès du Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance le plus proche afin que des mesures de protection soient prises. L’inceste sur mineur avec pénétrations génitales (coït, fellation)… est considéré comme un crime. Les attouchements sont des atteintes sexuelles ou des agressions sexuelles s’il y a violence.
La loi ne réprime pas les incestes entre personnes adultes consentantes.
Il n’est pas prouvé que la pénalisation de l’inceste soit systématiquement un bienfait pour la victime. La machine judiciaire écrase aussi bien la victime que le coupable.
En revanche une aide psychologique est vraiment utile pour discerner, dans ses désirs, ce qui vient de la vie et ce qui vient de la morbidité et de la faute d’autrui. La transe érotique provoquée par les attouchements laisse souvent une empreinte de culpabilité et de mépris de soi qui peut être travaillée.
Bien d’autres comportements non punis par la loi, et nommés aujourd’hui incestuels sont néanmoins très handicapants pour un sain développement de la personnalité de l’enfant.
Prévention : elle passe par une éducation appropriée des jeunes enfants en milieu scolaire pour leur apprendre à dire non aux adultes quand leurs gestes d’affection les dérangent.
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