Dans l’espace de jeu, qui normalement reste relativement marginal, ces règles et ces contraintes de la réalité quotidienne disparaissent : se soumettre aux règles du jeu apporte un sentiment de liberté, de fin momentanée des obligations et des responsabilités.
Pour le joueur pathologique, c’est la possibilité d’entrer et de ressortir dans l’univers du jeu qui est perturbée, et l’espace de liberté devient espace d’enfermement.
Dans le monde des loisirs, les jeux de hasard et d’argent, comme les machines à sous, la roulette, les cartes à gratter ou les courses de chevaux occupent une place très particulière. L’argent peut y être un lien particulier avec la réalité sociale, ce qui fait dire à certains que ces jeux sortent du monde ludique habituel, et que trop de personnes s’y adonnent non pour le simple plaisir de rêver et de se distraire, mais en croyant faire fortune et ainsi échapper à une condition difficile : le jeu est alors non un simple loisir mais une douloureuse illusion.
Mais le fait de miser de l’argent donne au risque pris par le joueur une réalité : ce n’est pas de l’argent fictif joué en famille et qui peut se traduire par une ruine réelle, avec ses corollaires de dépression et parfois de suicide.
Or se mettre en danger, s’exposer à une épreuve qui ressemble à un jugement de Dieu est aussi une dimension fréquente des conduites addictives ; le risque n’est-il pas omniprésent dans les toxicomanies ? Il existe chez le joueur pathologique une attitude de défi et de transgression, une recherche de limites et de confrontation à l’absolu.
Georges VIALAN, Conseiller Conjugal et familial, ancien Directeur d'un Centre d'aide aux toxicomanes et de leurs familles
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